Moine
Description
Le moine est un religieux régulier, c'est-à-dire une religieux qui ordonne son existence selon les règles d'un ordre monastique. Il a suivi un noviciat, parfois très long, avant de prononcer des vœux solennels qui lui ont permis d'entrer dans une communauté monastique. Un moine n'a pas forcément reçu le sacerdoce, l'ordination qui ferait de lui un prêtre.
Il existe de très nombreux ordres monastiques au XVIe siècle. Aux grands ordres médiévaux (bénédictin, cistercien, franciscain, dominicain) vont se rajouter des ordres plus récents, fondés aux XVe et XVIe siècles, comme les minimes ou les jésuites. Depuis le XIIIe siècle existait une scission entre les ordres riches (comme les bénédictins) et les ordres pauvres (comme les franciscains). À partir du XVe siècle, de nombreux moines, désireux de rapprocher l'Église du modèle du Christ, créèrent de nouveaux monastères où le vœu de pauvreté était respecté. Il s'agit de communautés où l'on suit l'observance.
Ces communautés monastiques vont contribuer à la création de nouveaux rameaux des ordres anciens (les cordeliers sont des franciscains observants, les jacobins sont des dominicains observants), voire vont générer des ordres totalement nouveaux (les minimes, un ordre mendiant). Ces ordres adeptes de l'observance fournissent de nombreux prédicateurs charismatiques, aussi bien écoutés par le peuple que par l'aristocratie. Certains de ces prédicateurs se convertiront à la Réforme et figureront parmi ses propagateurs, mais la plupart resteront fidèles à la foi catholique, et feront office de fer de lance de la Contre-Réforme et des mouvements ligueurs.
À l'opposé des prédicateurs mendiants, on trouve aussi des moines mus par l'ambition, qui tentent d'acquérir une haute position sociale en gravissant les échelons hiérarchiques de leur ordre. Les prieurs et les abbés ont généralement des pensions confortables, voire de la fortune, et peuvent exercer un rôle politique local influent. Les chanoines (membres d'un chapitre cathédral) possèdent des revenus importants, des maisons particulières plus proches de la gentilhommière que du cloître, et empiètent souvent sur l'autorité de l'évêque dans son propre diocèse...
Quels que soient leur ordre, leur conception de l'Église et de leurs devoirs religieux, les membres du clergé régulier sont en première ligne des polémiques et des troubles des guerres de religion. Ce sont les premières victimes des bandes de huguenots armés, et on les voit de plus en plus souvent prendre les armes pour lutter contre l'hérésie. Les armées de la Ligue et de la Sainte Union compteront des compagnies entières de moines sanglés en corselet de fer et morion, l'arquebuse au poing.
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