Prêtre

Description

La prêtrise catholique est en pleine évolution au cours du xvi e siècle. La cure de la plupart des paroisses rapportant des revenus, parfois importants, les candidats à la prêtrise sont nombreux. Toutefois, au début du siècle, seul un clerc sur quinze poursuit ses études jusqu’au « sacerdoce », le plus élevé des ordres majeurs qui permet au prêtre d’administrer les sacrements – et l’engage à vie dans l’Église. Bon nombre de clercs profitent ainsi de bénéfices paroissiaux sans être prêtres à part entière... Certains entrent même en fonction après une formation éclair de quinze jours ! Enfin, le nombre des prêtres vivant en concubinat est assez élevé – jusqu’à 20 % des curés d’un diocèse...

Ces désordres encouragent la diffusion de la Réforme, mais aussi les mouvements réformateurs de l’église catholique elle-même. Dans la seconde moitié du xvi e siècle, le concile de Trente va exiger plus de rigueur de la part du clergé séculier : création du séminaire pour former les futurs prêtres, incitation à poursuivre jusqu’aux ordres majeurs, rejet d’un certain nombre de séminaristes à la vocation douteuse, condamnation répétée du concubinat, pression accrue des évêques sur leurs prêtres diocésains pour fournir des célébrations correctes et diffuser le message de l’Église romaine auprès de leurs ouailles. Il faut préciser que la messe ne ressemble pas beaucoup à celle que nous connaissons : célébrée en latin, elle est souvent bâclée par les clercs peu instruits qui maîtrisent mal la langue... Les sermons sont rares, et directement inspirés (voire recopiés) de manuels à l’usage des curés : le plus connu et le plus utilisé est l’Opus tripartitum, composé au xve siècle par Jean Gerson. La confession et la communion sont des sacrements rarement sollicités par les fidèles, sauf pendant la période pascale. En revanche, les messes pour le salut des morts (appelées « obit ») sont légion, et représentent des revenus substantiels pour l’Église.

On distingue trois types de prêtres au xvie siècle :

  1. Les curés sont les titulaires d’une paroisse. Dotés de revenus souvent importants, ce sont des notables qui possèdent un poids financier et politique non négligeable au niveau local. Leurs affaires, leur ambition (et leurs plaisirs...) les retiennent assez souvent hors des limites de leur paroisse, ce qui induit un fort absentéisme.
  2. Les vicaires, ou suppléants, sont chargés de la paroisse en l’absence du curé. La plupart du temps, c’est sur eux que repose toute la liturgie. Privés des revenus de la cure, ils se contentent d’émoluments médiocres qui ne les motivent guère...
  3. Les prêtres-filleuls sont généralement des prêtres originaires de la paroisse où ils officient. Ni curés, ni vicaires, ils sont seulement chargés de célébrer les innombrables messes pour le repos des morts, et vivent des revenus qui y sont attachés.

Comme les moines, les prêtres sont au premier rang des polémiques et des troubles des guerres de religion. Ce sont les victimes désignées des massacres perpétrés par les bandes de huguenots armés, et on les voit de plus en plus souvent prendre les armes pour lutter contre l’hérésie.

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